jeudi 12 novembre 2015

Le Jardin des Poètes de Jeanne Marie vendredi 20 novembre 2015


Le Jardin des Poètes... une promenade poétique et musicale sur ARfm - Fréquence Paris Plurielle 106.3MHz . Chaque troisième vendredi du mois à l'heure du goûter,  Jeanne Marie http://jeannemarielapoesie.blogspot.fr/ vous invite à pousser la porte du jardin. Découvrir ou retrouver des poètes d'hier et d'aujourd'hui... Honneur à Charles Trenet qui offre le générique à l'émission. Aujourd’hui, nous allons évoquer des poètes qui ont chanté novembre, Marcel Martinet (1887-1944)et son poème Lundi 11 novembre sur l’Armistice signant la fin de la Grande Guerre ; et Auguste Angellier (1848-1911), qui célèbre l’amour, l’automne et ses Chrysanthèmes. Et le poète surréaliste Alain Borne (1915-1962), dont on fête cette année le centenaire de la naissance, en photo ci-contre.
Que m’importe que dans mon poème ton corps
Soit un soleil en forme de femme
Si ton corps de glaise et de sang
Reste aussi loin que l’astre dont je te pétris.
Que m’importe le poème
S’il n’est que mots sur l’absence. (Alain Borne)
Marcel Martinet (1887-1944)
Poète, militant et pacifiste, Marcel Martinet fut membre de la Vie ouvrière et collaborateur de l’École de la Fédération durant la première guerre. Il entretint également une correspondance serrée avec Romain Rolland, auquel il dédia Les Temps maudits, qui demeure son livre le plus connu. 
Lundi 11 novembre 1918 (Les temps maudits, Ollendorf )
Les cloches sonnent, les cloches sonnent,
Dans ces rues, dans tous ces hommes
Les cloches résonnent,
Sur les maisons, sur les usines,
Sur les champs au loin frémissants,
Sur les monts et sur les plaines,
Les cloches sonnent, les cloches sonnent…

Morts, mes morts, affreusement morts,
Est-ce vrai que tout soit fini ?
Que je ne vous reverrai plus ?
Ah ! comme elles sonnent ! comme elles sonnent !
Comme elles sonnent dans les cœurs
De ceux qui savent, de ceux qui pleurent !
….
Et cependant, ce cœur bondit,
Les cloches sonnent, les cloches sonnent.
Ah ! mes assassinés, pardon !
Mon amour dans vos pauvres tombes
Est avec vous, tout avec vous.

Mais c’est fini, mais c’est fini.
Ah ! comme elles sonnent, comme elles sonnent !
O morts glacés, pardonnez-moi,
Le monde, le monde est délivré !

Auguste Angellier (1848-1911) lui est connu dans le Nord de la France surtout comme universitaire, professeur d’anglais journaliste, critique ami des arts et des belles lettres !
Rêve
J'ai rêvé parfois que vos yeux
Me regardaient avec tristesse,
Que vos grands yeux bleus sérieux
Me regardaient avec tendresse ;

J'ai rêvé que vous écoutiez
Ces mots sur qui la voix hésite,
Et qui s'arrêtent effrayés
De l'aveu qui sous eux palpite ;

Que, dans mes mains, vos fines mains
Tombaient comme deux fleurs fauchées,
Et que nos pas, dans les chemins,
Laissaient leurs traces rapprochées.

Mais je n'ai pas osé rêver,
Dans les ivresses ni les fièvres,
Que ce bonheur pût m'arriver
Que ma bouche effleurât vos lèvres.

J'ai rêvé parfois que vos yeux
Me regardaient avec tendresse,
Que vos grands yeux bleus sérieux
Me regardaient avec tristesse.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire