mercredi 12 février 2014

César Vallejo, dos Poemas Humanos, Palmas y Guitarra, Dulzura por Dulzura corazona


Cesar Vallejo .  Poemas Humanos

César Vallejo, poète, né au Pérou en 1898, mort à Paris en 1938. 
Lors d'une soirée hommage donnée par un autre poète péruvien contemporain, Carlos Henderson, au Musée des Arts et Métiers, en 2010 à Paris, et parmi les exposés de Jésus Fernandez Palacios, Stephen Hart (cf. programme ci-dessous) j'ai lu les deux poèmes Palmas y guitarra, Dulzura por dulzura corazona.  (traduits de l’espagnol par Jeanne Marie©) 

Palmas y guitarra

Ahora, entre nosotros, aqui,
Ven conmigo, trae por la mano a tu cuerpo
Y cenemos juntos y pasemos un instante la vida
A dos vidas y dando una parte a nuestra muerte.
Ahora, ven contigo, hazme el favor
De quejarte en mi nombre y a la luz de la noche 
                                                    teneblosa
En que traes a tu alma de la mano
Y huimos en puntillas de nosotros.

Ven a mi, y a ti, si,
Con paso par, a vernos a los dos con paso impar,
Marcar el paso de la despedida.
Hasta cuando volvamos ! Hasta la vuelta !
Hasta cuando leamos, ignorantes !
Hasta cuando volvamos, despidamonos !


Que me importa los fusiles,
Escuchame ;
Escuchame, qué importanme,
Si la bala circula ya en el rango de mi firma ?
Qué te importan a ti las balas,
Si el fusil esta humeando ya en tu olor ?
Hoy mismo pesaremos
En los brazos de un ciego nuestra estrella
Y, una vez que me cantes, lloraremos.


Hoy mismo, hermosa, con tu paso par
Y tu confianza a que llego mi alarma,
Saldremos de nosostros, dos a dos.
Hasta cuando seamos ciegos !
Hasta
Que lloremos de tanto volver !

Ahora,
Entre nosotros, trae
Por la mano a tu dulce personaje
Y cenemos juntos y pasemos un instante la vida
A dos vidas y dando una parte a nuestra muerte.
Ahora, ven contigo, hazme el favor
De cantar algo
Y de tocar en tu alma, hacienda palmas.
Hasta cuando volvamos ! Hasta entonces !
Hasta cuando partamos, despidamonos !
Applaudissements et guitare
Maintenant, entre nous, ici
Viens avec moi, prends ton corps par la main
Et dînons ensemble et passons un instant la vie
A deux vies et donnons une part à notre mort.
Maintenant, viens avec toi, fais-moi le plaisir
De te plaindre en mon nom et dans la lumière
                                      de la nuit ténébuleuse[1]
Où tu apportes ton âme à la main
Et fuyons de nous-mêmes sur la pointe des pieds.

Viens à moi, et à toi, oui,
D’un pas pair, à nous voir tous les deux d’un pas impair,
Marquer le pas de l’adieu.

Jusqu’à ce que nous revenions ! jusqu’au retour !

Jusqu’à ce que nous lisions, ignorants !
Jusqu’à ce que nous revenions, disons-nous adieu !

Que m’importent les fusils,
Ecoute-moi,
Ecoute-moi, que m’importe
Si la balle circule déjà dans le rang de ma signature ?
Que t’importent à toi les balles,
Si le fusil est déjà fumant dans ton odeur ?
Aujourd’hui même nous pèserons
Notre étoile dans les bras d’un aveugle
Et, lorsque tu m’auras chanté, nous pleurerons.

Aujourd’hui même, beauté, de ton pas pair
E ta confiance où mon inquiétude est arrivée,
Nous sortirons de nous-mêmes, deux par deux,
Jusqu’à ce que nous soyons aveugles !
Jusqu’à
Ce que nous pleurions de tant revenir !

Maintenant,
Entre nous, prends
Par la main ta douce personne
Et dînons ensemble et passons un instant la vie
A deux vies et donnons une part à notre mort.
Maintenant, viens avec toi, fais-moi le plaisir
De chanter quelque chose
Et de jouer dans ton âme, en applaudissant,
Jusqu’à ce que nous recommencions ! jusqu’alors !
Jusqu’à ce que nous partions, disons-nous adieu !

Dulzura por dulzura corazona 

Dulzura por dulzura corazona !
Dulzura a gajos, eras de vista,
Esos abiertos dias, cuando monté por arboles caidos !
Asi por tu paloma palomita,
Por tu oracion pasiva,
Andando entre tu sombra y el gran teson corporeo
                                                           de tu sombra.
Debajo de ti y yo,
Tu y yo, sinceramente,
Tu candado ahogandose de llaves,
Yo ascendiendo y sudando
Y haciendo lo infinito entre tus muslos.
(El hotelero es una bestia,
sus dientes, admirables ; yo controlo
el orden palido de mi alma :
senor, alla distante … paso paso … adios, senor …) 
Mucho pienso en todo esto conmovido, perduroso
Y pongo tu paloma a la altura de tu vuelo
Y, cojeando de dicha, a veces,
Reposome a la sombra de ese arbol arrastrado.

Costilla de mi cosa,
Dulzura que tu tapas sonriendo con tu mano ;
Tu traje negro que se habra acabado,
Amada, amada en masa,
Qué unido  a tu rodilla enferma !

Simple ahora te veo, te comprendo avergonzado
En Letonia, Alemania, Rusia, Belgica, tu ausente,
Tu portatil ausente,
Hombre convulso de la mujer temblando entre sus
                                                                 vinculos.

 Amada en la figura de tu cola irreparable,
Amado que yo amara con fosforos floridos,
Quand on a la vie et la jeunesse,
C’est déjà tellement !

Cuando ya no haya espacio
Entre tu grandeza y mi postrer proyecto,
Amada,
Volveré a tu media, has de besarme,
Bajando por tu media repetida,
Tu portatil ausente, dile asi

[1] Note de la  traductrice. C. Vallejo a écrit teneblosa, mot probablement formé de tenebrosa : ténébreuse et de nebulosa : nébuleuse.
[2] En français dans le texte.

 Douceur pour cœur si doux !
Douceur pour cœur si doux !
Douceur en bouquets, tu étais à ma vue
Dans ces jours ouverts où je montais par les arbres
                                                               abattus !
Ainsi de ta colombe petite colombe,
De ta passive prière,
Allant de ton ombre à la ténacité corporelle de ton
                                                                  ombre.

Au-dessous de toi et de moi,
Toi et moi, sincèrement,
Ton cadenas s’étranglant des ses clefs,
Moi montant et transpirant
Et faisant l’infini entre tes cuisses.
(L’hôtelier est une bête, ses dents, admirables : 
moi, je contrôle l’ordre pâle de mon âme : 
monsieur, là-bas distant …
je passe, je passe…au revoir, monsieur)

Je pense beaucoup à tout cela troublé, impérissable
Et je pose ta colombe à la hauteur de ton envol
Et, infirme de bonheur, parfois,
Je me repose à l’ombre de cet arbre misérable.

Côte de ma chose,
Douceur que tu caches de ta main en souriant ;
Ta robe noire qui se serait abîmée,
Aimée, bien-aimée toute entière,
Comme je suis uni à ton genou malade !

Maintenant je te vois simplement, je te comprends
                                                                 avec honte
En Letonie, en Allemagne, en Russie, en Belgique,
                                                                toi absente,
Ton portatif absent,
Homme convulsé de la femme tremblant entre ses liens.

Bien-aimée dans la forme de ta traîne irréparable,
Aimée que moi j’aimerais avec des feux fleuris,
Quand on a la vie et la jeunesse,
C’est déjà tellement ![2]

Quand il n’y aura plus d’espace
Entre ta grandeur et mon ultime projet,
Bien-aimée,
Je reviendrai à ton bas, tu dois m’embrasser,
En descendant encore et encore le long de ton bas,
Ton portatif absent, dis-le comme ça.

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